Des considérations de nature financière lorsqu’on accompagne une personne atteinte d’Alzheimer

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Société Alzheimer de Montréal !

Édition #3

Mai 2019

Auteur :

Carlo Gagliardi

Planificateur financier
Gestionnaire de portefeuille associéournaliste

Bonne lecture !

Dès qu’une personne reçoit le diagnostic d’une maladie quelconque, cette nouvelle a des répercussions sur le proche aidant.

C’est particulièrement vrai pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

L’immense problème que j’ai constaté au cours de mon travail auprès de clients ayant reçu récemment un diagnostique (et des membres de leur famille), c’est l’étape du deuil.

En tant qu’aide-mémoire, les différentes étapes du deuil sont les suivantes :

  1. le choc et le déni 
  2. la douleur et la culpabilité
  3. la colère et la négociation
  4. la dépression, la réflexion, la solitude
  5. l’acceptation et l’espoir 

Selon mon expérience, j’ai noté que le stade du déni dure plus longtemps chez les personnes atteintes d’Alzheimer, ou d’une maladie neurocognitive, que chez leur proche aidant. Pour quelle raison ?  Probablement en raison du déclin réel de la capacité cognitive.  Par exemple, pour certaines personnes, la diminution de la capacité cognitive peut être si lente qu’on ne peut facilement l’ignorer en disant « Ah, j’étais distrait » ou « C’est normal d’oublier en vieillissant ».

L’étape du déni peut avoir des conséquences selon la manière et le moment où d’importantes décisions doivent être prises. C’est comme dire : « Si je ne tiens pas compte du problème, il disparaîtra éventuellement. »  Bien sûr qu’il ne disparaîtra pas ; au contraire, il ne fera qu’empirer. 

Il est donc crucial d’être proactif.  Il est important que toute la situation financière soit clarifiée AVANT que la maladie ne s’aggrave. 

Avoir de l’initiative permet à la personne de prendre des décisions selon ses propres exigences… c’est cela qui est très important.  Pourtant, les faits démontrent que la plupart d’entre eux vont tergiverser et remettre à plus tard la prise de ces décisions importantes.

Un récent sondage a révélé que près de 60 % des familles canadiennes n’ont jamais organisé de réunion familiale pour discuter de planification successorale, ou encore exprimer le souhait d’aborder le sujet de planification successorale.

Ignorer le problème et espérer que les choses se déroulent sans difficulté (c’est-à-dire éviter la réalité) ne fera qu’amplifier le problème.

J’ai communiqué avec quelques-uns de mes clients qui se sont occupés d’un être cher atteint d’Alzheimer, ou d’une maladie apparentée, pour connaître leur réflexion à ce sujet.  Qu’auraient-ils fait différemment ? Quel conseil donneraient-ils à une personne qui vient d’apprendre qu’un être cher a reçu le diagnostique ?

Voici ce que ces personnes m’ont dit dans leurs propres mots :

  • Tendez hâtivement la main au CLSC – entreprenez immédiatement le processus de placement, car on ne sait jamais à quelle vitesse le déclin va se produire.
  • Testaments/procuration – entreprenez rapidement le processus alors que la personne est encore capable de prendre des décisions ; la procuration qu’une institution financière vous propose est complètement différente de la procuration notariée (une procuration bancaire est très limitée et, après un certain point, devient inutile)
  • Évitez les comptes bancaires et les placements conjoints.
  • Si la personne atteinte gère une propriété – des frais supplémentaires peuvent être encourus (par exemple, le transport par taxi pour les rendez-vous / les services d’entretien et de préparation des repas).
  • Faites face : apprenez à accepter l’aide ; ayez besoin de prendre une pause ; faites peut-être un long voyage – conservez vos énergies ; apprenez à vivre le moment présent – regardez des photos
  • Ayez recours aux ressources mises à votre disposition (par exemple : la Société Alzheimer de Montréal)
  • Inscrivez-vous à des ateliers d’information – suivez les conseils portant sur la façon de parler à une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer et répondez aux questions difficiles qu’elle vous posera.
  • Par exemple, les ateliers d’information m’aident, si nécessaire, à rediriger la conversation. Comme la mémoire de ma mère était de plus en plus défaillante, elle ne se rappelait plus que papa était décédé et croyait qu’il l’avait quittée.  J’ai appris que la clé réside au fait de garder la conversation simple et positive.
  • Aspects juridiques : le processus d’obtention d’un mandat a été long et coûteux.

En fin de compte, la situation de chacun est unique et comporte des défis particuliers.  Cependant, il existe des étapes que vous pouvez prendre afin de rendre le processus, l’expérience et le périple moins difficile / exigeants. 

Cela signifie :

  • Ne jouez pas à l’autruche – discutez avec les membres de la famille dès le début 
  • Faites participer le maximum de membres de la famille  aux tâches afin de réduire le fardeau.
  • Devancez la situation en planifiant toute la question financière : Testament, procuration, mandat en cas d’inaptitude, gestion bancaire, placement, factures à payer
  • Utilisez les ressources mises à votre disposition, comme la Société Alzheimer de Montréal, assistez à des ateliers d’information et à des conférences 
  • Visitez les sites Web du gouvernement afin d’obtenir de plus amples renseignements et de l’aide ; renseignez-vous sur votre admissibilité à des crédits d’impôt supplémentaires ou  celui du proche aidant.

Étant donné que la population vieillit et vit plus longtemps, il est inévitable qu’un plus grand nombre de personnes recevront un diagnostic d’Alzheimer ou d’une maladie neurocognitive.  Cela peut arriver à vous, à moi ou à un être cher.  Ayez les outils, les ressources et les connaissances nécessaires pour savoir par où commencer et avec qui communiquer afin de rendre cette expérience moins stressante.

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Carlo Gagliardi est conseiller en placement chez Raymond James ltée.  Les opinions de l’auteur ne reflètent pas nécessairement celles de Raymond James ltée.  Cet article n’est fourni qu’à titre d’information.  Raymond James ltée est membre du Fonds canadien de protection des épargnants.

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